La CLI de Gravelines (Commission Locale d’Information) nous permet de mieux comprendre la situation de la centrale de Gravelines et de son avenir. Avec les événements graves de Fukushima, beaucoup s’interrogent sur la fiabilité de cette centrale. Une présentation fort circonstanciée, des questions-réponses, des avis d’experts, en définitive, un constat “mitigé”, voici un résumé de cette réunion-débat.
L’une des plus grosses centrales si ce n’est la plus grande centrale européenne se situe sur notre côte près de Dunkerque dans un site industriel où fourmillent beaucoup d’industries de type “Seveso” donc à fort risque technologique. Le comité local d’information s’interroge sur un certain nombre de points où EDF tarde à répondre ou à donner de plus larges explications, par exemple, Gravelines étant au bord de mer, sur la corrosion des tuyauteries, sur l’utilisation d’une eau de mer polluée par des galettes de fioul voire chargée de méduses ou de groseilles de mer qui obstruent les entrées d’eaux qui sont vitales. D’autres interrogations, sur le bon fonctionnement des générateurs de secours (une centrale nucléaire a besoin aussi d’électricité) ou encore par une sous-traitance des activités de maintenance où l’expérience du nucléaire est primordiale.
EDF doit acquérir une culture du risque de premier ordre car le risque zéro n’existe pas, nous sommes condamnés dans des industries majeures de haute technologie à investir, à réinvestir sur la base de l’expérience acquise dans la sureté (défense en profondeur en augmentant les systèmes de sécurité passifs ou actifs, prévision des scénarios les plus probables d’accidents et la mise en place de procédures d’évitements) quel qu’en soit le coût, aucune rentabilité d’ “actionnaire” à court terme ne sera justifiable devant une catastrophe majeure liée à des erreurs humaines. La confiance dans le nucléaire est à ce prix, les Français sont prêts à le payer pour peu qu’une information claire, suffisante et transparente leur soit donnée. La décision de continuer l’activité de la centrale (prévue normalement pour 25 ans) dont le protocole d’accord par ailleurs reste très opaque, doit se baser sur des engagements précis en la matière (calendrier, coût, ..).
La révision de la centrale doit permettre une inspection poussée du réacteur pour établir un diagnostic sincère de son vieillissement, en effet, les conséquences du bombardement neutronique continuel sur le réacteur sont mal appréciées ou encore de la perte d’ “élasticité” des armatures métalliques du béton liée aux fortes températures du réacteur. Un enjeux majeur à la hauteur de notre expertise nucléaire …
La France est leader avec ses 58 réacteurs mais doit l’être aussi pour sa réactivité à répondre et à anticiper tous les incidents des plus mineurs aux plus graves par une approche proactive en se dotant notamment de tous les moyens utiles (ingénierie, matériels d’actions, systèmes de sécurité redondants, …).
Enfin, EDF doit informer préventivement et en toute transparence les autorités locales et la population et déclencher l’évacuation de celle-ci des zones dangereuses dès un premier niveau d’alerte significatif. Pour qu’une évacuation (comme au Pays Bas en cas possible d’une inondation majeure) soit efficace, elle doit être organisée, apprise, répétée … Ce sont des exercices peu simples où beaucoup n’en prennent pas toute la mesure et l’importance, c’est aussi un “réflexe”, une culture de société à acquérir. D’où l’importance de nous familiariser dès à présent sur ce type de scénario “catastrophe” … Un plan d’action efficace prévu pour la population est assurément une responsabilité collective et obligatoire, faudra-t-il attendre une catastrophe pour s’y atteler vraiment … et en faire l’économie, est-ce humainement soutenable et économiquement responsable en définitive devant les préjudices possibles et les réparations qui en découleraient !
N’attendons pas pour pleinement réagir, engageons-nous dès maintenant sur une feuille de route ambitieuse …
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